De l'information

Les deux premiers domaines de la vie humaine ont été consacrés aux entrants et à l’énergie. Maintenant, nous allons nous concentrer sur l’information. L’information complète
la triade insécable matière – énergie – information.
Aucune de ces trois dimensions ne peut exister ou fonctionner isolément dans un organisme vivant. C’est l'indissociabilité par l'interaction.
Ces trois aspects sont indissociables, car ils s'impliquent mutuellement en permanence :
1. La matière stocke l'information (ADN, synapses) et canalise l'énergie.
2. L'énergie permet à la matière de s'organiser selon l'information qu'elle contient et rend possible le traitement de l'information (influx nerveux).
3. L'information organise la matière et guide le flux d'énergie (par exemple, une pensée [information] déclenche une contraction musculaire [mouvement de matière via énergie]).
Tenter de séparer ces trois aspects revient à nier la nature même du vivant : retirer l'énergie tue la matière et efface l'information ; retirer l'information laisse une matière inerte sans organisation ; retirer la matière supprime le support physique nécessaire aux deux autres. L'être humain est donc l'incarnation même de cette triade insécable.

La situation
Notre cerveau filtre en permanence une quantité gigantesque d'informations. Seule une infime fraction atteint la conscience, tandis que le reste influence pourtant nos perceptions, nos émotions et nos comportements de manière inconsciente.
À chaque seconde, un adulte reçoit des informations provenant de :
- de la vision (lumière, couleurs, mouvements),
- de l'audition (sons, voix, bruits),
- du toucher (pression, température, vibrations),
- de l'odorat,
- du goût, ainsi que
- des sens internes (position du corps, équilibre, respiration, rythme cardiaque, digestion, etc.).
- Ces stimuli sensoriels se mesurent en millions par secondes. On estime souvent que notre cerveau est exposé à environ 11 millions de bits d'informations par seconde via nos sens (principalement la vue). Face à cette avalanche, notre conscience ne peut en traiter qu'une infime partie, généralement estimée à approximativement 40 à 50 bits par seconde.
- Cette différence colossale (l'étroitesse de notre conscience) explique pourquoi le "filtrage" est vital : si nous devions consciemment analyser chaque stimulus (la pression de nos vêtements, les bruits de fond, les mouvements périphériques), notre système cognitif serait immédiatement saturé. Le cerveau agit donc comme un goulot d'étranglement nécessaire, ne laissant passer vers la conscience que ce qu'il juge pertinent pour la survie ou la tâche en cours, laissant le reste fonctionner en pilote automatique.
Comment gérer cette situation ?
Tout d'abord, nous devons être conscients que nous recevons des informations inconscientes env 99 % et des informations conscientes env 1%. Les informations inconscientes ne se manifestent pas comme des pensées claires, mais plutôt par des ressentis, des réflexes et des orientations comportementales qui dictent la majorité de nos actions quotidiennes.
Les neurosciences et la psychologie cognitive estiment que 90 % à 95 % de nos décisions, jugements et comportements sont pilotés par des processus inconscients, laissant seulement 5 % à 10 % à la conscience rationnelle.
Voici comment ce pourcentage massif se traduit concrètement dans votre journée :
En résumé, l'inconscient agit comme un directeur de scène invisible : il prépare le décor, guide les acteurs (vos actions), et suggère l'ambiance (vos émotions), tandis que la conscience n'intervient que pour les rares moments de répétition générale ou de changement de scénario imprévu. Reconnaître cette prédominance (90-95 %) permet de mieux comprendre pourquoi il est si difficile de changer ses habitudes par la seule volonté consciente : il faut reprogrammer le pilote automatique, pas seulement donner de nouveaux ordres au conducteur.
La société dans laquelle nous vivons nous soumet à un double défi en matière d’information. La surcharge informationnelle actuelle n'est pas simplement une question de "trop de contenu", c'est un changement structurel de notre environnement cognitif qui pose un défi majeur pour la qualité de notre pensée et de nos décisions. Voici une analyse nuancée de la situation :
1. La Quantité : Une Avalanche Sans Précédent
Nous sommes passés d'une économie de la rareté de l'information (où l'accès était difficile) à une économie de l'abondance toxique.
- Le volume : Comme évoqué précédemment, nous sommes exposés à des millions de bits d'informations par seconde, bien au-delà de notre capacité biologique de traitement conscient.
- La continuité : Contrairement au passé où l'information arrivait par vagues (le journal du matin, le télégraphe), le flux est désormais continu, 24h/24, via les smartphones et les objets connectés. Cette permanence empêche le cerveau d'entrer en mode "repos" ou de consolidation mémorielle, essentiels pour transformer l'information en savoir.
- La conséquence directe : Cette saturation crée un état de "fausse urgence" permanente. Le cerveau, submergé, réagit par des mécanismes de défense : superficialité (scroller vite), réactivité émotionnelle (cliquer sur ce qui choque) et fatigue décisionnelle. Nous devenons des processeurs de flux plutôt que des penseurs profonds.
2. La Qualité : Le Paradoxe de l'Accès
Jamais l'humanité n'a eu accès à autant de savoirs vérifiés, de données scientifiques et de cultures diverses en un clic. Pourtant, la qualité perçue et utilisée se dégrade souvent.
- La dilution de la véracité : L'absence de filtres éditoriaux traditionnels (gatekeepers) signifie que l'information vérifiée côtoie la rumeur, la désinformation et l'opinion non fondée avec la même apparence visuelle. Pour le cerveau, une "fake news" bien présentée consomme la même énergie cognitive qu'un fait scientifique, sauf si l'on active un esprit critique coûteux en énergie.
- La fragmentation : L'information est souvent découpée en formats courts (tweets, vidéos de 30 secondes, titres accrocheurs) qui privilégient l'impact émotionnel immédiat sur la nuance et le contexte. Cela favorise une pensée binaire et empêche la compréhension des systèmes complexes.
- La bulle de filtrage : Les algorithmes de recommandation, conçus pour maximiser l'engagement (et donc le temps de cerveau disponible), nous enferment dans des boucles de rétroaction qui confirment nos biais existants. La "qualité" de l'information devient alors subjective : elle est celle qui conforte, pas celle qui éclaire ou nous challenge.
3. Ce qu'il faut en penser : Une Nécessité de "Hygiène Cognitive".
- Changer de paradigme : Ne plus voir l'information comme une ressource à accumuler ("je dois tout savoir"), mais comme un nutriment à sélectionner ("je dois ingérer ce qui me construit"). La valeur d'une information ne réside pas dans sa nouveauté, mais dans sa pertinence et sa véracité pour vos actions.
- La qualité avant la quantité : Privilégier des sources primaires, des analyses longues et des auteurs identifiés plutôt que le flux continu des réseaux sociaux. Accepter de "rater" des *nouvelles éphémères" pour gagner en profondeur de compréhension sur des sujets durables.
- Développer l'esprit critique comme muscle : La vérification des faits (fact-checking), la recherche de sources contradictoires et la pause réflexive avant de partager doivent devenir des automatismes. C'est un effort conscient (coûteux en énergie) mais indispensable pour ne pas être manipulé.
- Reprendre le contrôle du flux : Appliquer les stratégies de filtrage (désabonnement, plages horaires, désactivation des notifications). Ce n'est pas un refus du monde, mais une condition sine qua non pour y participer lucidement, en toute conscience.
En fin de lecture vous avez la possibilité de réviser. Quelques questions vous invitent à approfondir le thème et leurs effets sur votre vie. En cliquant sur la question, vous allez trouver la réponse à la question. Vous pouvez recommencer autant de fois que vous le désirez. Bon approfondissement.

La halte créative
Qui suis-je ? Cette question, nous vous l'avons posé sur une première page de notre site. Nous avons vu que notre manière de voir l’Homme isolé de la nature, de l’univers ne correspond pas à la réalité.
Pourtant, toute notre société est construite sur l’individualisme, sur la séparation, la compétition, la concurrence. Dominer, posséder, performer, toujours plus et plus vite, c’est ce que la société cherche à nous imposer.
Alors est-ce que vous êtes ce combattant solitaire qui a envie de gagner cette bataille contre les autres ? Ou bien observez-vous avec envie une autre manière de vivre, avec davantage de coopération ou de liens ? Une vie qui correspond plus à la nature profonde de l’Homme ?